SAVM © Emeric Livinec029
Mobilités
14 janvier 2026

Le Comité des Usagers de Vélib’ Métropole : une nouvelle le début d’une nouvelle mandature en 2025

Pour s’assurer que la voix des utilisateurs et utilisatrices du service de vélos partagés Velib’ Métropole soit pleinement entendue, l’Agemob (Agence métropolitaine des mobilités partagées) a créé en 2018 un comité des usagers. Ce comité est composé de 100 abonnés, tirés au sort pour un mandat de deux ans. Paritaire, il reflète la diversité des profils et des territoires couverts par le service. À leurs côtés, les principales associations cyclistes du périmètre métropolitain participent activement aux échanges.

Réuni une fois par trimestre, le comité échange avec l’Agence et l’opérateur Smovengo sur tous les sujets qui touchent au service : état des vélos, implantation de nouvelles stations, évolutions du service, accessibilité…  

Avec le renouvellement de ses membres pour la mandature 2025, nous avons souhaité donner la parole à deux d’entre eux : un ancien membre, fraîchement sorti du comité, et un nouveau, tout juste arrivé. Retour croisé sur leur engagement, leurs attentes et leur vision du service. 

Anne Sophie, ancienne membre : 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre rapport avec service Vélib’ ? 

Je m’appelle Anne Sophie Dagos, j’ai 55 ans et je vis dans le 12e arrondissement de Paris. J’ai commencé à circuler à vélo dans Paris avec le service de Decaux, après m’être fait voler le mien. Plus tard, j’ai connu les débuts de Vélib’.
En 2019, lorsque j’ai commencé à me rendre au travail à vélo, j’ai opté pour un abonnement Vmax. J’ai utilisé Vélib’ quotidiennement jusqu’en 2024, puis de manière plus occasionnelle. C’est une liberté incroyable de traverser Paris à vélo, surtout maintenant que la ville est beaucoup plus sécurisée grâce à la multiplication des pistes cyclables ! C’est également très pratique : je n’ai pas à gérer les contraintes d’un vélo personnel (le monter à l’appartement, l’entretenir, etc.). J’ai d’ailleurs convaincu beaucoup de personnes autour de moi d’essayer le service. J’ai d’ailleurs convaincu pas mal de gens autour de moi !

Qu’est-ce qui vous avait motivé à candidater pour le comité des usagers ? 

Tout d’abord, j’avais besoin de mieux comprendre comment ce service était organisé : ce qui fonctionnait ou non, plutôt que de me contenter de râler devant une station vide ou pleine, sans vélo électrique, avec batteries déchargées, ou des vélos non utilisables.
Ensuite, j’étais curieuse de savoir si le retour des usagers et leurs idées pouvaient offrir un autre regard au Syndicat et à Smovengo.

Votre expérience vous a-t-elle apporté un regard neuf sur le service ? 

Oui. J’ai beaucoup mieux compris la régulation (et son coût !), les engagements de service et le financement.
J’ai aussi eu le sentiment d’avoir vu des améliorations concrètes : analyse des données lors du hackathon, tests de roues, demandes d’évolution sur l’application.

Avez-vous le sentiment que la voix des usagers est réellement entendue ? 

Oui, absolument. Les plans d’action ont été partagés, ainsi que les résultats. Les évolutions de l’application sont très visibles : ajout de l’itinéraire, affichage du niveau de batterie, mise en pause automatique au bout de deux heures…
Les ateliers préparatoires aux jeux ont aussi été très enrichissants et leurs idées mises en pratique.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du service Vélib’ sur la durée du mandat que vous venez de terminer  ? 

J’aime encore plus Vélib’ aujourd’hui. Je trouve que c’est un service incroyable pour des centaines de milliers de personnes, et je ne peux que remercier l’ensemble des élus et toutes celles et ceux qui contribuent à cette réussite.
Ce service facilite la vie des jeunes, des travailleurs, des touristes, des étudiants, des festivaliers. Il rapproche Paris de ses communes voisines : c’est un véritable service public destiné au plus grand nombre, une richesse collective.

La fluidité de l’information s’est nettement améliorée. Malgré les crises qui peuvent encore survenir, la dynamique reste positive, et c’est ce qui m’a donné envie de poursuivre l’aventure avec un second mandat.

Benoît Piédallu, nouveau membre : 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre rapport avec le service Vélib’ ?

Je m’appelle Benoît Piédallu, j’ai 46 ans. J’utilise Vélib’ depuis l’ouverture du service par J.C. Decaux en 2007.
Je m’en sers plusieurs fois par jour en été et plusieurs fois par semaine en hiver, principalement pour des trajets domicile-travail et des déplacements à l’intérieur de Paris. Vélib’ a d’ailleurs complètement remplacé mon vélo personnel, qui reste désormais au fond de ma cave.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du service Vélib’ ces dernières années  ?

Le passage à l’offre Smovengo a, selon moi, entraîné une dégradation du service par rapport aux dernières années de gestion par J.C. Decaux. La mise en place a été assez chaotique, ce qui a permis aux services de vélos en libre-service de s’implanter durablement dans le paysage urbain — parfois au détriment de l’espace public, encombré de vélos abandonnés.
J’ai aussi ressenti une frustration récurrente face à des vélos en mauvais état ou impossibles à retirer de leur station.

Qu’est-ce qui vous a motivé à candidater pour le comité des usagers  ?

Je souhaitais avoir l’opportunité d’échanger directement avec les équipes en charge du service, ainsi qu’avec d’autres usagers et usagères. Mon objectif était de comprendre comment la situation actuelle s’était construite et comment y remédier pour améliorer ce service public, que je considère essentiel au développement de la ville dans un contexte de lutte contre la pollution et d’adaptation au changement climatique.

Quelles sont vos attentes pour ce mandat ?

Je souhaite approfondir ma compréhension du fonctionnement du service, identifier des pistes d’amélioration conjointement avec la Ville et Smovengo, et contribuer à la préparation du prochain marché prévu pour 2032.

Y a-t-il un sujet particulier que vous aimeriez porter au sein du comité ?

Au-delà de la qualité de l’offre technique, j’aimerais participer à l’amélioration des fonctionnalités et de l’ergonomie de l’application mobile. La question de la répartition géographique du service me semble également essentielle à traiter.