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Mobilités
26 mars 2026

Entretien avec Aurore Briscadieu, présidente du festival Vélo in Paris

Nous avons rencontré Aurore Briscadieu, présidente de Vélo in Paris, pour échanger sur la huitième édition du festival qui aura lieu du 24 au 26 avril 2026. L'occasion de revenir sur les enjeux et nouveautés de cet événement désormais incontournable pour amatrices et amateurs de vélo, auquel Velib' participera pour la première fois cette année.

Agemob : Vélo in Paris est devenu un rendez-vous important pour les amateur.ices et les acteur.ices du vélo. Comment est née l’idée de cet événement ?

Aurore Briscadieu : Il manquait à Paris un événement vélo grand public. Nous avons donc lancé Vélo in Paris en 2019, avec l’ambition de faire résonner le sujet du vélo dans la capitale, à la fois auprès des Franciliens et des décideurs publics. Entre 2019 et 2026, les indicateurs ont presque tous doublé : fréquentation des pistes cyclables, développement des infrastructures, mais aussi nombre de tests réalisés sur Vélo in Paris. Notre idée initiale reste inchangée : permettre aux Franciliens d’essayer des centaines de vélos différents. C’est une ligne directrice forte, qui s’adresse autant aux passionnés, curieux de découvrir les dernières innovations, qu’aux débutants en quête du vélo qui leur correspond.

 


Alors que Vélo in Paris revient en avril pour une 8ème édition, quelle ambition portez-vous aujourd’hui pour le festival ?

Dans un contexte sociétal en forte évolution, Vélo in Paris souhaite être un lieu de réflexion collective sur la place du vélo dans nos modes de vie : mobilité quotidienne, pratique sportive, voyage, vie professionnelle, loisir… dans une ambiance festive. Notre rôle est de valoriser les acteurs engagés, de leur donner de la visibilité, et de contribuer à faire du vélo un levier sociétal au service des Franciliens. Pour cela, nous enrichissons chaque année les expériences proposées sur le festival : défis, jeux, ateliers, tables rondes, projections de films….

 » Notre rôle est de valoriser les acteurs engagés, de leur donner de la visibilité, et de contribuer à faire du vélo un levier sociétal au service des Franciliens. « 

Cette année, par exemple, une application permettra de découvrir le festival à travers des défis, des jeux de piste et des challenges, afin de multiplier les interactions entre le public et les acteurs du vélo de manière ludique. Notre ambition est claire : mettre le divertissement au service du développement du vélo.

 


En quelques années, le vélo a profondément changé de statut dans les villes. Comment percevez-vous cette évolution, et quel rôle un événement comme Vélo in Paris peut-il jouer pour accompagner ce mouvement ?

Nous percevons cette évolution comme naturelle : le vélo s’impose aujourd’hui comme une réponse pertinente aux enjeux de croissance urbaine.

Le rôle de Vélo in Paris est double :

  • Permettre l’essai dans des conditions rassurantes. Des milliers de Franciliens peuvent tester différents types de vélos dans un cadre sécurisé et convivial. Les freins à la pratique ne se limitent pas aux questions de sécurité ou de vol : il y est primordial d’avoir confiance dans sa maîtrise du vélo ville. Pour rouler sur un vélo cargo, il faut se sentir à l’aise à l’arrêt, avec des enfants à l’arrière ou de la charge sur l’avant. Le festival est un terrain d’expérimentation idéal.
  • Faire évoluer les usages. Nous montrons aux cyclistes de loisir que le vélo peut aussi être un moyen de transport du quotidien. Certaines marques, comme Orbea, s’inscrivent dans cette logique en s’appuyant sur leur image sportive pour encourager un usage urbain.

 


Quel regard portez-vous sur Vélib’ et, plus largement, sur les services de vélo partagé dans la démocratisation de l’usage du vélo au quotidien ?

À Vélo in Paris, nous mettons en avant les solutions adaptées à tous les modes de vie. Vélib’ répond à un besoin essentiel : faire du vélo sans contrainte d’achat, de stationnement ou de sécurité. De plus, ce type de service démocratise la pratique en permettant à chacun de découvrir le vélo à son rythme, sans engagement, qui concerne beaucoup de Franciliens. C’est dans cet esprit que nous avons choisi, pour le festival, une communication autour de Vélib’ sur un ton humoristique, mettant en scène les différents avantages d’utiliser Vélib’.

 


À travers Vélo in Paris, vous portez une vision du vélo ouverte et accessible à toutes et tous. Comment travaillez-vous à donner de la visibilité à des pratiques et des solutions encore peu représentées dans l’imaginaire collectif du vélo ?

Nous tenons à être un événement généraliste, pour plusieurs raisons. La première est évidente : nous sommes à Paris, un territoire où coexistent une grande diversité de pratiques. Il est donc essentiel de proposer un événement capable de les rassembler et de les valoriser. Notre objectif est de réunir ces communautés pendant trois jours, afin de favoriser les échanges et les découvertes croisées : un voyageur à vélo peut essayer un cargo, un vélotaffeur découvrir le gravel, un coursier tester de nouveaux équipements de sécurité… Autant d’expériences qui permettent à chacun d’explorer toute la richesse du vélo et de trouver la pratique qui lui correspond.

 » Par ailleurs, pour cette nouvelle édition, nous avons amorcé un virage dans la communication de Vélo in Paris. À travers nos réseaux, nous accompagnons désormais les Franciliens toute l’année dans la découverte des différentes pratiques : tests produits, guides, conseils… « 

Par ailleurs, pour cette nouvelle édition, nous avons amorcé un virage dans la communication de Vélo in Paris. À travers nos réseaux, nous accompagnons désormais les Franciliens toute l’année dans la découverte des différentes pratiques : tests produits, guides, conseils… Vélo in Paris devient un guide d’accompagnement pour tous tout au long de l’année.

 


Au-delà du vélo individuel, les mobilités partagées et inclusives prennent une place croissante dans les usages urbains. Comment ces enjeux se traduisent-ils dans la programmation et l’ADN de Vélo in Paris ?

Chaque année, nous travaillons de nouvelles thématiques. Depuis trois ans, nous œuvrons notamment sur la mise en avant des vélos adaptés. Cela a nécessité un travail important pour mobiliser les acteurs concernés, mais il nous semblait essentiel qu’un événement généraliste représente aussi ces usages spécifiques. L’an dernier, une dizaine d’acteurs proposaient des vélos atypiques et ils ont figuré parmi les plus testés du festival. Cela confirme notre conviction : chacun doit pouvoir se sentir représenté à Vélo in Paris.