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Mobilités
8 juillet 2026

Entretien de début de mandature : Dan Lert, Président de l’Agemob

À la tête de l'Agemob depuis son élection lors du comité syndical du 7 juillet 2026, Dan Lert expose sa feuille de route pour les six prochaines années : exigence renforcée envers l'opérateur, préparation du futur service public et ambition métropolitaine pour les mobilités partagées.

Vous venez d’être élu Président de l’Agemob. Qu’est-ce qui vous a conduit à briguer cette présidence ?

L’Agemob est un outil unique en France. Quand on est élu du Grand Paris et qu’on croit profondément que la question des déplacements du quotidien est au cœur du pacte social métropolitain, on ne peut pas rester spectateur. J’ai souhaité m’engager pour que cet outil soit pleinement saisi par les territoires, pour que chaque commune puisse bénéficier d’un service public de mobilité partagée à la hauteur de ses habitants.

Les épisodes caniculaires que nous traversons cet été nous rappellent que les solutions de mobilité décarbonées, durables, et accessibles à toutes et tous sont indispensables. Le rôle de l’Agemob est ainsi déterminant pour adapter la Métropole et ses équipements aux conséquences du changement climatique. C’est pour ça que je souhaite aussi m’engager.

Quelles sont les missions que vous souhaitez porter pendant cette mandature ?

Nous avons trois priorités. La première, c’est d’exiger la poursuite de l’amélioration de Vélib’ Métropole. Je veux d’abord saluer ce qui a été accompli durant le mandat précédent : le nombre de vélos a été porté à un niveau satisfaisant, la régulation des stations s’est améliorée. Mais le sujet central aujourd’hui, c’est l’état des vélos. Le contrat prévoit 95 % de vélos conformes nous sommes à 30 %. Nous devons faire mieux !

La deuxième priorité, c’est de préparer le futur service public de Vélib’, celui qui succédera au contrat actuel en 2032. En 2017, les choses ont été faites de manière précipitée, et c’est ce qui nous conduit aux difficultés actuelles. Nous ne reproduirons pas cette erreur. Je porte une méthode en trois phases de deux ans : définir le besoin avec les élus et les usagers, sélectionner le ou les prestataires avec rigueur, puis préparer la transition dans de bonnes conditions.

La troisième priorité, c’est d’acter pleinement la transformation de notre structure. Le passage du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole à l’Agence métropolitaine des mobilités partagées n’est pas un simple changement de nom. C’est un changement d’ambition. Nous sommes désormais un outil au service de l’ensemble des collectivités métropolitaines pour développer des mobilités partagées durables, responsables et accessibles à toutes et à tous.

Comment envisagez-vous les relations avec le prestataire de Velib’ ?

Le groupe Indigo est devenu en 2025 l’actionnaire unique de Smovengo. C’est une nouvelle gouvernance, et c’est le moment de la vérité. Je crois à l’efficacité du dialogue, et j’engagerai ce dialogue avec Smovengo dans les semaines qui viennent. Mais ce dialogue se mènera sur la base d’engagements précis et datés. L’autorité organisatrice et l’opérateur ont une responsabilité partagée pour faire progresser ce service public. Nous attendons d’Indigo qu’il prenne la pleine mesure de ses obligations contractuelles et qu’il donne à Smovengo les moyens humains et financiers nécessaires. À défaut, l’Agemob mobilisera l’ensemble des leviers contractuels à sa disposition pour défendre les usagers et l’argent public.

L’Agemob, c’est aussi bien plus que Velib’. Quelle est votre ambition sur les mobilités partagées ?

Notre rôle est d’aider les territoires à se doter des solutions adaptées à leurs besoins : études d’opportunité, rédaction de cahiers des charges, dialogue avec les opérateurs, suivi de la qualité de service. Cette ingénierie mutualisée permet à chaque commune de bénéficier d’un savoir-faire qu’elle n’aurait pas seule. Mais au-delà de cet accompagnement technique, notre véritable valeur ajoutée est politique et stratégique : faire émerger une organisation cohérente des mobilités partagées à l’échelle métropolitaine.

Ce modèle de gouvernance est le fruit du choix politique fait par les communes adhérentes de mutualiser leur capacité d’action une mutualisation qui génère aussi des économies concrètes : la contribution annuelle versée par les communes est en baisse depuis trois ans. Mon ambition pour ce mandat est que cet outil métropolitain soit pleinement saisi par les territoires, y compris ceux qui n’ont pas encore rejoint l’Agemob. J’appelle leurs élus à venir en discuter avec nous. La mobilité de demain se construit collectivement, à l’échelle de la Métropole c’est le seul périmètre pertinent.